Quelques remarques et réflexions à la lecture de celles très intéressants de Josette Alies :
Article mis en ligne le 17 novembre 2009

par ANV2
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Bonjour

Quelques remarques et réflexions à la lecture de celles très intéressants de Josette Alies :

La démarche que j’ai impulsée par un acte d’objection de conscience public est désormais une démarche collective de désobéissance civile. C’est par rapport à cette action collective qu’il s’agit de se positionner et non par rapport au soutien à un tel ou un tel, malgré les sanctions.

J’avais, nous avions, intégré dès le départ le risque de la sanction et nous avions dit que nous l’assumerions. Ce qui veut dire que la sanction n’est pas un échec, mais une reconnaissance de la force de notre action qui dérange, qui fait peur, qui menace l’institution, etc.

Assumer la sanction, cela ne veut pas dire l’accepter en tant que telle, mais qu’elle ne nous dissuadera pas de poursuivre la résistance. C’est lorsque la sanction tombe que le mot résistance prend tout son sens. Poursuivre la désobéissance malgré la sanction est ce qui fait notre force et qui ne peut que dérouter notre "adversaire"

Si les désobéisseurs (merci d’utiliser ce terme plutôt que celui de "désobéissant"

Vis à vis des enseignants, nous avons dit depuis le début que le meilleur soutien que nous pouvions recevoir était d’amplifier la désobéissance pédagogique, mais plus largement la résistance aux "réformes" du ministre.

Pour les autres, soutenir les désobéisseurs, ce n’est pas d’abord demander la levée des sanctions, mais exiger l’abrogation des décrets que nous contestons. Il sera temps ensuite lorsque nous aurons effectivement fait reculer le pouvoir de demander l’annulation des sanctions. Mais ce n’est pas le problème principal, puisque la sanction fait partie de la stratégie. Elle renforce le mouvement plus qu’elle ne l’affaiblit. Elle le rend populaire auprès de l’opinion publique.

L’expression "non obéissance civique" ne me semble pas claire. Il est préférable, selon moi, d’utiliser l’expression "désobéissance civile" qui renvoit à l’histoire des luttes non-violentes qui ont utilisé cette "arme" basée sur le concept de non-coopération avec les lois qui engendrent l’injustice. C’est notre coopération à la loi injuste qui fait l’injustice davantage que la loi injuste elle-même.

Dans chaque secteur, il est certainement possible aujourd’hui de trouver des "prises" qui permettent aux professionnels d’exercer, par la désobéissance ciblée, une force redoutable pour le pouvoir en place. C’est la désobéissance et surtout l’affichage de cette désobéissance qui atteste d’un niveau élevé d’engagement civique qui ne peut qu’inquiéter le pouvoir aujourd’hui.

Voilà quelques éléments que je mets au débat. Ce n’est que ma position et celle des enseignants désobéisseurs. D’autres textes plus complets se trouvent également sur le blog Résistance pédagogique.

Je serai très heureux qu’un vrai débat public ait lieu au sein de l’Appel des appels sur cette question de la désobéissance civile / non obéissance civique / inservitude volontaire..

Bien amicalement

Alain Refalo




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