Non-violence ou respect de la propriété capitaliste ? Texte publié dans "Politis" du 13 septembre 2001.

, par  FS , popularité : 7%

La non-violence collective ne vise pas à « moraliser » le capitalisme.

De Seattle à Gênes, les manifestants et les porte-parole d’Attac, comme ceux de bien d’autres mouvements, me semblent se référer à la non-violence d’une façon naïve, sinon hypocrite [1]. Aucun d’eux ou presque ne refuse par principe que des armes soient fabriquées, et utilisées dans les cas où, selon eux, on ne peut pas faire autrement pour défendre les "Droits de l’Homme". Mais ils crient à la violence dès qu’une vitrine symbolique de la puissance des multinationales vole en éclats. Or, au sens propre, il n’y a pas de violence sur des objets, il n’y a de violence que sur des êtres dotés d’un système nerveux. Le sabotage sans victime n’est pas une violence.

Bernard Cassen, président d’Attac, est soucieux de dialoguer avec les groupes minoritaires qui, dit-il, « confondent violence et radicalité » (Politis n° 663). N’est-ce pas plutôt lui qui confond non-violence et respect de la propriété capitaliste ? Dans les manifestations dites antimondialistes, ce que les états-majors redoutent le plus, c’est que la masse des mécontents, renonçant à l’espoir de moraliser le système capitaliste, se radicalise vraiment.

Je conçois qu’on se veuille réformiste. Mais je crains qu’en collant aux manifestants vraiment radicaux l’étiquette de « violents », on ne facilite leur évolution vers ces « dérives terroristes » que Bernard Langlois, à juste titre, souhaite éviter (Politis n° 664). En tout cas, je ne pense pas qu’être non-violent implique de respecter la propriété des multinationales.

François Sébastianoff

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[1Le présent texte a été publié dans Politis du 13 septembre 2001.

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