Principaux thèmes retenus au cours des 33 numéros d’ANV
Article mis en ligne le 1er septembre 2006
dernière modification le 21 juin 2011

par ANV2
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Avril 1965 : n° 1, 32 pages

Une première approche étudie les formes de la violence, considérant qu’une « des causes de son emploi est l’instinct naturel de possession », « la peur de manquer », et remet en cause le « vol initial » de celui qui s’est institué propriétaire.

Un deuxième article, tente de rechercher les concordances entre l’anarchisme et l’expérience du don de la terre que développait en Inde Vinoba Bhave, disciple de Gandhi.

Puis un petit débat à propos du « masochisme » qu’impliquerait la non-violence. à quoi il est répondu que tout combat, violent ou non violent, implique des risques, éventuellement de la souffrance, que le problème n’est pas là. Est affirmé alors longuement que : « La violence n’est pas anarchiste. Cette négation, il faut la réhabiliter au sein de l’anarchisme, car trop d’aigris, de mécontents, de révoltés d’une heure se sont abrités sous l’égide de cet idéal pour couvrir des gestes ou des actes qui n’avaient rien à voir avec les idées libertaires. » (p. 20) et que les anarchistes n’ont pas le monopole de la violence. Positions et avis de Godwin, Stirner, B. R. Tucker, Lorulot, Tolstoï, Elisée Reclus, Proudhon, Alexandre Berkman, E. Armand, Malatesta, B. de Ligt, etc.

« D’autre part, nous pouvons dire en toute sûreté que plus la violence est employée dans la lutte de classes révolutionnaire moins cette dernière a de chances d’arriver à un succès réel. » (p. 30)

Et puis un saut du côté de la culture avec un commentaire favorable du livre d’Albert Cossery : la Violence et la Dérision.

« Opposer la dérision à la dictature est une forme de lutte... » (p. 31)

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Octobre 1965 : n° 2, 32 pages

Ce numéro paraît plus « ouvert », divergent et contradictoire, mais il s’agit d’engager le débat. Thèmes abordés : « Notre action, l’action directe ». « Vers une non-violence spécifiquement anarchiste ». « Le violent à l’état pur n’existe pas. » « La violence est une manifestation intermittente et non un état permanent. » (p. 6) « La non-violence anarchiste ne doit pas avoir de critères absolus, c’est affaire de disposition individuelle, de déterminisme particulier. Il faut que chacun fixe sa limite personnelle : limite de résistance aux coups, limite de résistance à la peur. » (p. 9)

« La double objection » met l’accent sur la militarisation permanente. Et puis une réflexion sur l’état de nos forces, sur la nécessité de travailler avec les autres mouvements et le besoin de renouveler nos esprits. Pour la première fois, il est fait allusion à la notion de « droit », des « droits » acquis au cours des temps.

« Il n’est que de parcourir rapidement l’histoire universelle pour constater la disparition progressive de la violence dans les rapports humains, et son remplacement, lent il est vrai, mais effectif, par la notion de dialogue et de droits de plus en plus reconnue par les différentes parties en présence. » (p. 18)

Un bref article sur l’anarchiste catholique américain Ammon Hennacy « ... qui repousse la violence, dénonce la guerre, combat l’Etat, les empiétements du gouvernement sur la liberté individuelle. » (p. 19) Puis deux traductions de l’anglais : « La bombe et l’Etat » et « Anarchism and non-violence ».

Pour finir, une réflexion suite à la lecture du roman de Robert Merle : l’Ile.

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Janvier 1966 : n° 3, 36 pages

Un texte plutôt subjectiviste ouvre la revue : « L’homme et la foule ». Ce numéro est axé sur une réflexion critique collective « à propos des marches de la paix ».
« Il aurait fallu des binious ou des cornemuses, même jouant des marches funèbres, vu le caractère de la marche contre la bombe apocalyptique, pour que les gens sortent de chez eux. » (p. 13)

Un texte sur les difficultés d’agir : « De l’inaction à l’action ».

« ... si les anarchistes n’ont plus d’action spécifique, ni d’action originale adaptée à l’évolution de la société et des esprits, il n’en reste pas moins que les idées libertaires ont pénétré largement dans différentes couches de la société et se sont petit à petit imposées dans différents domaines : sexualité, contrôle des naissances, non-patriotisme et antimilitarisme, un certain antiparlementarisme, condition féminine, etc. »

« Il faut [...] proposer notre conception du monde - dont l’esprit n’a pas changé depuis un siècle - avec une formulation moderne ainsi qu’une action adaptée dans ses méthodes et dans son objectif à la société actuelle. » (p. 21)

Des informations sur les objecteurs de conscience en grève, du courrier, des discussions et un compte rendu du livre de Jo Pyronnet : Une force de frappe, l’action non violente.
« Bien que matérialistes et athées, nous sommes aussi sensibles à la justice, à la beauté, à la vérité, à la bonté ; nous avons remplacé la charité au nom de Dieu par la solidarité au nom du plaisir de donner, de la joie de voir un être humain ou un animal heureux. » (p. 34)

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Avril 1966 : n° 4, 36 pages

Ouverture du numéro par un long cri pour dire en quoi « nous sommes révolutionnaires ». « Mais, nous ne croyons plus au « grand soir », nous ne croyons plus aux fusils ni aux barricades. La violence appelle la violence, et le cycle se boucle, le serpent se mord la queue... Nous avons cherché d’autres armes, d’autres méthodes ; nous avons choisi la non-violence parce que seule apte à atteindre le but, parce que non autoritaire. » (p. 2)

« Jalons ». Définitions et commentaires d’un certain nombre de mots :

« Force : [...] Il nous faut considérer la non-violence comme une force pouvant s’exercer soit au niveau du mental soit au niveau de l’économie. »

« Violence : abus de la force qui tend à détruire ; en particulier lorsqu’elle s’exerce sur l’être humain physiquement, mentalement et moralement. » (p. 4)
« Il n’est pas dit que violence et non-violence soient absolument contradictoires ; nous pourrions les considérer comme des aspects différents de la force, avec une gradation de l’un vers l’autre et un passage à la limite où il est difficile de déterminer le caractère violent ou non violent... » (p. 5)

« Non-violence : [...] La non-violence se caractérise par l’acceptation de prendre certains risques (blessures, prison, mort) ; en cela elle n’est pas différente de la violence, cependant elle s’en sépare sur la réaction devant cette dernière... » (p. 6)

Le texte « Evolution, révolution ou éducation » demande qu’un effort soit fait pour une sorte de nouvelle éducation libertaire et sur la formation des militants.

« Notre manière d’agir actuelle me semble prendre les problèmes à l’envers : on ne construit pas sans constructeurs qualifiés, on ne fait pas de bonne propagande sans militants valables et convaincus... » (p. 11)
Des « informations sur les objecteurs » et un texte sur « la manifestation, méthode d’action directe ». Vient ensuite un commentaire très fouillé à propos du livre de Frantz Fanon sur « La décolonisation dans la violence ».

« Nous requérons la lucidité, à l’égard de Fanon comme à l’égard du mahatma Gandhi. Dans quelle mesure l’assertion du premier, que la décolonisation comporte une violence intrinsèque, est-elle réelle [comprendre : valable] ?
Et une traduction d’un texte allemand de Joachim Dunz sur « les tâches de l’action directe », et du courrier...

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Juillet 1966 : n° 5, 36 pages

« Marche silencieuse » : le groupe parisien fait une analyse critique et pratique d’une marche qui eut lieu le 24 avril de cette année.

« Marcher silencieusement, non violemment, ne doit pas engendrer la passivité, paralyser les forces d’initiative et d’action, conduire à l’inconsistance ; au contraire, une force non autoritaire et positive doit s’exprimer... » (p. 6)

« Commandos non violents » : description détaillée de l’efficacité d’une action très organisée se déroulant le 12 juin à Marseille. Puis un texte sur « l’action directe non violente » : libre adaptation à partir d’un article de Botho Priebe. Une interview de Joan Baez. Une interrogation sur les raisons qui font que les hommes acceptent si facilement la guerre. Des informations sur les objecteurs. Et un long article sur les bases de missiles de Haute-Provence.

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Octobre 1966 : n° 6, 36 pages

C’est le premier numéro consacré à un seul thème : « Violence et non-violence dans la révolution anarchiste ». C’est un panorama, une analyse de l’évolution historique de l’emploi de la violence dans le mouvement anarchiste. Entre autres têtes de chapitre : les doctrines anarchistes, l’anarchisme chrétien, l’anarchisme rénitent (du latin renitens : qui résiste), la révolution non violente, l’anarchisme réformiste et l’anarchisme révolutionnaire, etc. ; et, citant Reclus : « Le jour viendra où l’évolution et la révolution se succéderont immédiatement du désir au fait, de l’idée à la réalisation, se confondant en un seul et même phénomène. » (p. 12)

Sont cités également : E. Armand, P. Kropotkine, Eltzbacher, Godwin, Proudhon, Bakounine, Tolstoï, Tucker, G. Leval, Malatesta, Stirner, Thoreau, Han Ryner, B. de Ligt, etc.

« On peut remarquer [...] qu’à son origine l’anarchisme des Proudhon et des Godwin n’était pas violent... »

« La violence ne devait être érigée en principe absolu que quelques années plus tard, par la Première Internationale et notamment par les sections antiautoritaires animées par Bakounine et ses amis jurassiens. »

« [La violence] fut surtout déterminée par les conditions sociales et politiques du moment : recrudescence de la réaction bourgeoise et capitaliste face aux aspirations égalitaires des masses ouvrières... » (p. 32)

« Le peu de résultats obtenus et les abus inhérents à une méthode aussi restrictive et destructrice [...] amenèrent très vite les plus évolués des anarchistes de la fin du xixe siècle [...] à réviser cette notion erronée et à remettre en valeur les autres moyens d’action toujours valables, moins destructeurs et plus facilement acceptables par le plus grand nombre...

« C’est de cette époque que date l’entrée massive des militants anarchistes dans le mouvement syndical [...] »
« C’est aussi et surtout ce qui permit la renaissance du mouvement anarchiste, devenu squelettique de par son isolement, et lui donna l’audience considérable qu’il acquit au début du xxe siècle. »

« En refusant de jouer le jeu de la violence gouvernementale en particulier, en dissociant l’insurrection violente de la révolution, en affirmant la priorité de la révolution individuelle sur les révolutions politiques et sociales, l’anarchisme non violent affirme sa prétention à une révision nécessaire des méthodes traditionnelles par trop entachées de contradictions à l’égard des fins proposées. » (pp. 32 et 33)

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Janvier 1967 : n° 7, 36 pages

Topo sur l’institut pour l’étude de
la non-violence fondé par Joan Baez. Et un intéressant petit article rétablissant la notion de « droit » par rapport à la notion d’« Etat ».

« Si tous les anarchistes se sont prononcés, dans le passé comme dans le présent, pour la suppression de l’Etat, nombre d’entre eux ont soit confondu les deux notions : Etat et droit, soit laissé le plus souvent le problème du droit en suspens. » (p. 7)

« Le droit, au contraire de l’Etat, semble inhérent à toutes les sociétés humaines [...] On peut le considérer comme la règle indispensable, le contrat écrit ou oral faisant régner l’entente... » (p. 8)

Débat : André Senez donne son point de vue sur la nécessité de la violence. Des informations sur l’objection en général et sur le refus de l’impôt militaire en particulier. « Eléments pour une morale sexuelle anarchiste » ; « Non-violence et contraception ». Et une polémique à propos du n° 6.

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Avril 1967 : n° 8, 36 pages

Présentation du « Comité des 100 », anglais. à relever : « Etre contre la guerre n’est pas suffisant », « Nous avons rompu avec la politique des partis », « Nous encourageons les nouvelles expériences d’administration régionale, locale et “fonctionnelle”. » (p. 3)

Dans « Points de repère », il s’agissait de comparer le projet général du groupe face à des entités comme le pacifisme (limité à l’antiguerre), le gandhisme (dont on ne peut retenir la base religieuse), l’individualisme anarchiste (non activiste) et les « révolutionnaires » (insuffisamment critiques par rapport à la violence). « Pour une non-violence expérimentale » répond à une critique de l’Union des groupes anarchistes-communistes à propos de la « légitimation » de la violence. La revue publie des extraits de cette critique.

« Quant à l’affirmation selon laquelle les anarchistes ont légitimé la violence en l’employant, elle est tout de même très peu sérieuse... » (p. 20)

Autre réponse à partir d’une critique parue dans le Monde libertaire. Des informations sur les objecteurs et un choix de textes de l’individualiste E. Armand. Puis une note de lecture sur une plaquette du PCF : la Marche du socialisme en France.

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Juillet 1967 : n° 9, 40 pages

Deuxième numéro à thème : « Boycottage et sabotage, échec de la non-violence en Afrique-du-Sud ». Texte de Nelson Mandela expliquant lors de son procès comment son mouvement est passé progressivement des moyens pacifiques mais illégaux au sabotage, qu’il se garde bien de confondre avec le terrorisme.

Mandela devint par la suite président de son pays : son but, la conquête de l’égalité des droits sans guerre raciale a été atteint, mais pas l’égalité économique. On a envie de comparer cette expérience sud-africaine où la montée vers la violence s’est faite à reculons avec l’expérience algérienne où le terrorisme continue encore maintenant à faire ses ravages.

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Octobre 1967 : n° 10, 36 pages
« Viet-nam, l’autre camp ». Analyse et essai de compréhension de la violence révolutionnaire.
« L’intérêt [...] est de montrer la différence fondamentale entre les solutions théoriques que nous pouvons élaborer bien en paix, et la réalité du Viet-nam en guerre. » (p. 2)
« Projet pour bâtir la paix ». Réflexion sur le boycott des entreprises travaillant pour la guerre. Un texte : « Définir la non-violence ». Puis des « propos violents », du courrier : un anarchiste, Nestor Roméro, dit pourquoi il est partisan de la violence. Et un document sur la nouvelle défense du territoire, des informations sur les objecteurs et un long commentaire sur une brochure de René Furth : Formes et tendances de l’anarchisme.

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Janv.-févr. 1968 : n° 11-12, 68 pages

Numéro spécial intitulé « Happening » qui montre une recherche du groupe pour sortir des banales marches silencieuses, sit-ins et autres techniques non violentes qui commençaient à lasser. C’est une réflexion sur la notion de « sérieux » à partir de la description de nouvelles formes de manifestation. Il y est question des provos d’Amsterdam, de parades, de spectacles et de fêtes, d’Aguigui et du mouvement anti-atomique anglais, des hippies, des flower people et de la love génération... et de la récupération de tout ça.

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Avril 1968 : n° 13, 36 pages

Numéro intitulé : « Action ».
« A échéance, nous voulons déboucher nous-mêmes sur l’action : il faut dire que certains ont déjà participé à des actions non violentes, que d’autres actuellement sont objecteurs, renvoyeurs de livret militaire, etc., que d’autres encore se préparent... à cause de nos moyens restreints, nous avons conscience de n’avoir pas été suffisamment à la hauteur de notre tâche. » (p. 2)
Textes sur : les marches, le jeûne et la grève de la faim, l’objection, le refus de la militarisation et de l’impôt militaire, renvois de livrets, etc. Puis un texte sur le groupe de soutien à l’action, le groupe de partage.

« Souscription, caisse de solidarité ont souvent été utilisées, mais ces formes ne spécifient en rien un mouvement, elles constituent l’aspect premier du soutien : aspect insuffisant en ce sens qu’il ne crée pas une véritable communauté dans l’engagement, et laisse subsister un fossé entre participants à l’action et participants au soutien. » (p. 33)

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Rencontre le 6 juillet 1968

à l’Auberge de Jeunesse de Dargoire. Le 15, une circulaire est diffusée : « Anarchisme et Non-Violence » n’a pas participé en tant que groupe aux événements de mai, mais chacun de nous s’est senti profondément concerné et s’est engagé individuellement dans le mouvement de contestation globale. La participation a pris des formes les plus diverses : colloques, comités de liaison étudiants-ouvriers-paysans, comités de grève, création et animation de comités de quartier, de tribunes libres, comités de presse, participation aux travaux universitaires, essais d’autogestion, manifestations de rue (service d’ordre) et barricades, etc.

[...] Il nous paraît maintenant utile, dans un but de clarification, de confrontation de connaître votre opinion. à cette fin nous vous demandons :

- Avez-vous participé aux événements de mai ? Si oui, de quelle façon ? Si non, pourquoi ?

- Pensez-vous que ce mouvement ait été révélateur de comportements nouveaux et d’un besoin de structures nouvelles ? Si oui, lesquels ?

- Vos conceptions, vos convictions ont-elles été modifiées ? Notamment en ce qui concerne : l’anarchisme, la violence, la non-violence, la révolution, dans quel sens ?

- Le mouvement se continue et il peut reprendre prochainement avec vigueur. Sous quelles formes souhaitez-vous vous y associer ?

L’après-68 va voir nombre de problèmes se manifester dans le groupe. Il est question de « malaises et des séparations confuses » lors de la rencontre de juillet.
« La revue trimestrielle est un carcan... »

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Juillet 1968 : n° 14, 40 pages

Après Mai 68, donc. C’est seulement au numéro 15, en octobre, qu’il sera question des événements.
Numéro à thème sur le pacifisme. Il s’agit de se démarquer du pacifisme intégral pour qui l’ennemi numéro un, c’est la guerre ; étant entendu que l’action non violente est concernée, elle, par tous les problèmes sociaux. Texte de Félicien Challaye, de Louis Lecoin, de Jean Gauchon.
« En condamnant la guerre, (les pacifistes) rejettent d’un même mouvement l’esprit révolutionnaire : La révolution n’est plus payante. » Le problème de la lutte des classes est escamoté. Les pacifistes semblent s’être privés de tous les moyens de combat, violents ou non
violents, et ils stagnent dans un réformisme semi-légaliste. Est-ce caricaturer que de dire cela ? (p. 16)

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Août 1968,

camping en Avignon d’une partie du groupe, contacts et collaboration avec Julian Beck, sa compagne Malina et les « acteurs » du Living Theatre. D’autre part, quatre personnes se déplacent à Vienne pour la réunion du conseil de l’Internationale des résistants à la guerre du 12 au 17 août. Septembre 1968 : le bulletin de travail n° 4 commence à faire circuler des « matériaux épars pour une étude du mouvement anarchiste de 1944 à 1968 ».

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Octobre 1968 : n° 15, 40 pages

Répondant à l’enquête de juillet, une dizaine de témoignages sont publiés : Hem Day tient bon le cap et déclare : « Restons non violents. » Un commentaire : « Révolution, non-violence ou guérilla » à propos d’un texte de J. Van Lierde.

« Il faut continuer à chercher [...]
« - de nouvelles alliances pour lutter contre le capitalisme, contre l’oppression, ici et maintenant ;
« - une stratégie de lutte non violente qui ne se limite pas à des actions « pacifistes ».

« Je dirai simplement qu’il est urgent d’établir le dialogue avec l’autre partie de notre commune référence : avec les anarchistes. » (p. 27)

« Non-violence et mouvements de libération », texte de travail du conseil de l’Internationale des résistants à la guerre. Et un texte collectif du groupe en réponse à Nestor Roméro (ANV, n° 10). La Tchécoslovaquie et l’invasion russe.

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Janvier-février 1969 : n° 16, 32 pages

Numéro spécial sur Pierre Ramus, anarchiste communiste autrichien (1882-1942), qui sans jamais désavouer l’action de ses camarades a refusé la violence, tout en luttant au côté du prolétariat. Organisateur de grèves et d’actions directes. L’œuvre de cet intellectuel n’est pas encore entièrement publiée et quasiment inconnue du public français.

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Différents bulletins de travail circulent sur : Jeunes libertaires, les Cahiers de l’humanisme libertaire, Noir et Rouge (ainsi que des textes repris de cette dernière publication : « Violence-révolution-organisation », des traductions de Nationalisme et Culture de R. Rocker), sur les scissions dans la Fédération anarchiste, sur l’Internationale situationniste, ICO (Information et Correspondance ouvrière), etc.

« Si nos réflexions sont quelquefois superficielles, elles sont à notre image et au niveau de beaucoup de nos lecteurs.

« Nous ne sommes pas des philosophes et ne le deviendrons pas, l’essentiel est que nous soyons honnêtes, dénués de démagogie et en état de recherche permanent. » (Bulletin intérieur, janvier 1969)

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Mars-mai 1969 : n° 17, 40 pages

Le point est fait sur un certain nombre d’actions non violentes à travers le monde : le don de la terre (boudhan) et la Shanti-séna (corps de défense non violent) en Inde, l’action de Danilo Dolci en Sicile, les marches de la liberté, les sit-ins, le boycott des autobus aux Etats-Unis, l’Homme à la pancarte en Espagne, l’affaire des vingt-sept de Presidio en Californie, le Living Theatre.
« La communauté du « Living Theatre » nous précède bien en avant dans l’anarchisme et la non-violence. » (p. 37)
L’action violente et la prise du pouvoir, le pouvoir noir et la non-violence aux Etats-Unis. Extraits du texte de Daniel Guérin sur le Pouvoir noir.

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« Ce qu’est ANV ? Groupe ? Pas groupe ? Chapelle ? Groupe de travail ? Panache ? Groupe d’action ? Groupe idéologique ? Tendance ? Quelque chose de vague avec des liens affectifs ? intellectuels ? Qu’il y ait un intérieur ? Un extérieur ? Une frontière entre les deux ? Un no man’s land ? On est sûrement quelque chose à partir de quoi on deviendra autre chose. » (Bulletin intérieur, janvier 1969)

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Octobre 1969 : n° 18-19, 48 pages
C’est l’édition du texte de Nicolas Walter : Pour l’anarchisme. Que croient les anarchistes ? Les divers courants de l’anarchisme. Que veulent les anarchistes. Que font les anarchistes ? Traduit et présenté en collaboration avec le CIRA.


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Janvier-avril 1970 : n° 20-21, 64 pages

Réflexions pour étudier l’autogestion et « Pour un marxisme libertaire ».

« Les textes libertaires sont textes de révolte et textes idéologiques, et même lorsque Bakounine ou Kropotkine produisent des textes historiques ils ne les fondent guère méthodologiquement, préférant l’analogie à la dialectique. » (p. 13)

« L’évangile de la non-violence », dialogue avec un chrétien. « Des anarchistes catholiques aux Etats-Unis ». « Vinoba, un anarchiste non violent... ». Information sur l’objection. « La non-violence peut-elle marcher en Afrique-du-Sud » par Gene Sharp. Le Bread and Puppet.

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Mai 1970 : n° 22, 48 pages

Numéro à thème : « Pour une stratégie de la révolution non violente » de Th. Ebert. Texte présenté par le groupe et commenté sous forme de notes.
« C’est un fait établi que notre groupe s’est ouvert à des croyants [...] qui se réclament de l’anarchisme. »
« Il n’a jamais été question pour les anarchistes de faire la révolution seuls. » (p. 2)
Présentation d’une nouvelle revue : Recherches libertaires.


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Octobre-déc. 1970 : n° 23, 48 pages

+ un supplément de 24 pages sur
l’objection de conscience en Espagne

« Un objecteur politique, Daniel Brochier et l’objection de conscience en Espagne ». « Territoires libérés, les crèches sauvages ». « Italie 1969, les mécanismes de la provocation et de la répression ».

« Le danger surtout, mais qui n’était pas conscient avant qu’il ne soit trop tard, c’est que des attentats dus à des provocateurs servent à affaiblir et à démanteler le mouvement anarchiste dans son ensemble. » (p. 20)

Texte sur le « mouvement anarchiste ».

« C’est alors que prit une grande importance [...] le courant « pseudo-situ ». Il se caractérise par sa critique destructive tous azimuts [...] » (p. 26)
Présentation de Recherches libertaires, n° 7, et un texte-débat entre Isaac Deutscher et Dave Dellinger sur le marxisme et la non-violence.

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Janvier-mars 1971 : n° 24, 48 pages

Dans ce numéro sont publiées les Nouvelles Données fondamentales non acceptées par tout le groupe. La revue Noir et Rouge se saborde en mettant au jour ses problèmes, ce qui amène les animateurs d’ANV à une réflexion sur eux-mêmes :

« Ayant été impliqués dans Mai 1968 à titre individuel mais non en tant que groupe, la remise en cause ne s’est pas manifestée de la même manière, elle a plus porté sur la valeur de la non-violence que sur la vie du groupe. » (p. 2)

Objection répression, Groupe de partage, les livres et les revues, etc.

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Avril-mai 1971 : n° 25, 48 pages

« Actuelles » sur les grèves de la faim. « Objection et répression ». « Pour une conception dialectique de la non-violence » commentaire de textes d’Eric Weil :
« Pour lui (Weil), la violence est la cause de l’Histoire, et la lutte contre cette violence devient le sens de l’Histoire. » (p. 11)

Suivi d’un commentaire de Colette Kay. Un texte de René Furth « Sur les postulats individualistes de l’anarchisme non violent ». « Violence institutionnelle et violence contestataire » par Victor Garcia. Lettre de la prison de Milan.

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Juin-sept. 1971 : n° 26, 44 pages

Grève et boycottage en Californie, présentation de César Chavez, « premier leader non violent issu du sous-prolétariat agricole ».

« Organiser la lutte d’ouvriers sous-prolétarisés contre les patrons de l’agri-business, qu’est-ce sinon de la lutte de classe contre classe ? » (p. 2)

« L’anarchie comme morale ».

« Prétendre que « seul un affrontement violent peut déclencher un processus » révolutionnaire, c’est abuser du langage, c’est participer au mythe de la violence... » (p. 19)
Le « Vocabulaire » politique et « vivre en communauté », l’objection politique, le courrier, les revues et les livres.

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Oct.-déc. 1971 : n° 27, 56 pages

Numéro spécial sur le Living Theatre, travail provoqué par plusieurs rencontres avec certains membres du Living en 1968 et 1969. Historique : The Connection, The Brig, Mysteries and smaller pieces, Frankenstein, Antigone, Paradise now. Avignon 1968. Textes de Julian Beck, discussions.

« Nous devons chercher à changer le monde sans employer les formes et les fins de la civilisation que nous voulons détruire. » (p. 31)
L’objection politique, le courrier, les revues et les livres.

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Janvier-mars 1972 : n° 28, 48 pages

Numéro consacré à l’antimilitarisme. Panorama des différentes luttes des objecteurs, de la radicalisation et de la politisation de l’objection. La participation vient essentiellement de l’extérieur.

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Avril-juin 1972 : n° 29, 48 pages

L’Espagne révolutionnaire 1866 - 1936-39. Rappel historique à partir de 1864 lors de la fondation de la Première Internationale :

- La doctrine sociale de l’Eglise, la pratique communaliste, l’idée communautaire et la solidarité paysanne, l’idée fédéraliste, le coopérativisme, le syndicalisme.

- Le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 et la création des collectivités en Catalogne, en Aragon, dans le Levant, etc.
« Cela suppose une éducation révolutionnaire d’un niveau élevé et différente de celle prodiguée par une société de classes ou par l’Etat. » (p. 42)

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Juillet-sept. 1972 : n° 30, 48 pages

« Ecoute camarade ! » de M. Bookchin : les limites historiques du marxisme, le mythe du prolétariat, le mythe du parti, les deux traditions.
« Nous pensons que ce texte s’adresse à tous ceux qui, non étiquetés, pensent comme on le leur a appris qu’il est nécessaire, pour mener à bien une révolution, d’avoir un organe central de décision et de direction. » (p. 3)

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Août 1972, rencontre-camping élargie à Nadaillac-le-Rouge en Dordogne. On y évoque :
« la suppression de la spécificité du groupe et de la revue. [...] S’il est vrai que je ne me reconnais plus ni dans l’étiquette anarchiste ni dans l’étiquette non violente, je ne veux pas pour autant leur substituer une idéologie de rechange. » (Bulletin intérieur du 25 sept. 1972.)

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Oct.-déc. 1972 : numéro 31, 44 pages

« La Question anarchiste » par R. Furth.
« L’anarchisme est-il par nature condamné au morcellement, aux irruptions sans avenir, aux idéologies vagues ? Sinon peut-il trouver en lui-même les principes unifiants qui lui donneraient sa force de conviction et d’intervention ? »
« Ce que beaucoup d’entre nous oublient [...], c’est qu’une culture commune est un puissant facteur d’unité. » (p. 9)

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Janv.-mars 1973 : n° 32, 56 pages
« On est payé le 7 », récit de grève.

« Si tout le monde peut exprimer ses expériences de vive voix, il est plus difficile de le faire par écrit. C’est pourquoi nous avons eu recours au magnétophone pour restituer cette discussion. Mais la parole est telle que jetée sur le papier, sans le support des gestes et du ton, elle perd une grande partie de son pouvoir d’évocation. »

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Pâques 1973, rencontre de travail à l’auberge de jeunesse de Mantes-la-Jolie, Yvelines. Pentecôte 1973, deux réunions restreintes ont lieu simultanément à Ollioules et au Raincy. Août 1973, camping-rencontre au Plan-d’Anelle, Var. Novembre 1973, dernière rencontre de travail, au Raincy

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Janv.-avril 1974 : n° 33, 76 pages.

« La clef sous la porte » : dernier numéro.
« Si non-violence et anarchisme sont les deux pôles qui ont correspondu à notre recherche et à notre évolution pendant longtemps, le groupe est maintenant arrivé à un blocage : chacun poursuivant sa réflexion et sa recherche indépendamment de l’ensemble, et l’on peut se demander ce qui nous rassemble encore et quels sont nos points d’accord. » (p. 2)
« Trois possibilités s’offraient à nous : la scission, le sabordage ou la mutation. » (p. 74)


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