Citations du livre la Raison douloureuse, F. Gargallo Edo
Federico Gargallo Edo, (1906-1996)

Citations tirées du livre

Article mis en ligne le 28 août 2006
dernière modification le 20 septembre 2006

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Fuyant la misère, sa famille quitte l¹Espagne en 1916 pour travailler dans
le Tarn où Federico est embauché, à 9 ans, dans une ferme ; il ne
fréquentera plus que très épisodiquement l¹école. En 1918, retour à
Barcelone où il est très profondément marqué par les luttes violentes entre
ouvriers et patrons. A la mort de son père, en 1923, il repart en France (à
Cenon, Gironde), avec sa mère et son frère et fréquente les milieux
libertaires (groupe Sébastien-Faure).
Il revient en Espagne en 1936 pour participer à la révolution sociale
libertaire et vivra dans la collectivité de Puigcerda jusqu¹à la victoire
des franquistes. Il rentre ensuite définitivement en France.
Militant de la Confédération nationale du travail, Federico se disait
tolstoïen.

Federico Gargallo Edo, /la Raison douloureuse/, Fundación Anselmo Lorenzo, 1999, Madrid, 240 p.

« Nous étions un groupe de jeunes garçons de moins de 15 ans, tous solidaires des compagnons. Souvent ceux-ci nous emplissaient les poches de leurs revolvers. Nous passions au contrôle sans être inquiétés et redonnions leurs armes à leurs propriétaires, quelques centaines de mètres plus loin, dans un lieu tranquille connu seulement de nous. Nous étions fiers de les aider, avec l’impression d’être, en quelque sorte de petits héros ! Je suis, depuis lors, devenu profondément pacifiste, ayant compris que la violence ne résout rien. Mais, en ces temps troublés, il semblait à tous qu’à la violence ne pouvait répondre que la violence, puisque le dialogue n’arrivait pas à s’instaurer et que les conditions de travail étaient trop injustes. » (pp. 59-60)
JPEG« Les meetings se succédaient pour Ascaso, Durruti et Jover, anarchistes d’action, dont l’extradition était demandée par certains pays. Leur seule faute était de croire à une plus juste redistribution des richesses : prendre aux riches pour aider les pauvres. » (p. 75)

« Mola tint une conférence en fanfaronnant : - Aujourd’hui, je ne suis pas entré à Madrid, mais demain, avec mes quatre colonnes ainsi que la cinquième qui m’attend à l’intérieur, je rentrerai et prendrai le café à la Puerta del Sol !
Ce furent des paroles imprudentes, car dans la nuit qui suivit cette déclaration, les « rouges » firent un nettoyage de tous les éléments connus comme fascistes. Mola ne rentra pas le lendemain dans Madrid [...]. Madrid ne tomba qu’en 1939 après presque trois ans de siège.
Tous ces faits nous heurtaient profondément. Nous n’étions pas venus pour tuer mais pour participer à un essai de collectivisation libertaire. J’étais pacifiste et n’ai jamais tenu un fusil de ma vie, même pendant cette période. Nous sentions tous combien notre idéal de vie s’éloignait de plus en plus de ce qui se passait. » (pp. 100-101)

« Lorsqu’ils [les communistes] nous apercevaient dans la rue [...], ils pointaient le canon de leurs armes sur nos ventres et nous demandaient : - Haut les mains, camarades. Où avez-vous mis les armes ?
Nous répondions invariablement que nous les avions rendues et que nous n’en avions pas d’autres. J’ai dit plus haut que je n’en possédais pas, mais j’étais solidaire des copains, et ma réponse était la même que la leur. » (p. 103-104)

« Certains purent prétendre que j’avais agi lâchement, mais étant donné la façon dont les choses se déroulaient, je n’avais pas beaucoup de choix : ou être assassiné par les communistes, comme cela se produisait fréquemment, ou bien m’engager sur le front, et je savais que cela s’y déroulait de la même manière puisque, systématiquement, les libertaires étaient envoyés en première ligne. Et puis, je l’ai déjà dit, porter les armes ne me convenait pas, je n’étais pas venu pour cela. Il valait mieux pour moi repartir. » (p. 111)

« J’étais donc dans cet entrepôt lorsque la guerre de 1939-1945 éclata, mobilisant les deux tiers du personnel. Bien sûr, ceux qui restaient étaient sollicités pour se porter volontaires afin de s’engager dans l’armée. En ce qui me concernait, j’étais trop écœuré par tant de sang et de guerre pour me mêler à ce nouveau conflit. » (p. 116)

« ... lorsque je repense à cette guerre [d’Espagne], et à notre participation en Catalogne, je n’en tire aucun orgueil, après réflexion, car je suis par tempérament physique et intellectuel, tolstoïen, ennemi de toute violence, d’où qu’elle vienne. Pendant cette guerre, j’ai rencontré brutalité et haine dans toutes les couches de la société, surtout lorsque les communistes se firent les maîtres et s’imposèrent par la force. Mais, en même temps, je ressens une grande admiration pour la façon dont s’organisèrent la production dans les fabriques, les ateliers, les mines, sans chef, sans patron. Tout fonctionnait sans dificulté. » (p. 194)


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