Penser le combat non-violent (essai de synthèse provisoire)
Alain REFALO
Article mis en ligne le 10 mai 2018
dernière modification le 14 juin 2018
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Sans doute, peut-il apparaître provocateur de parler aujourd’hui de « non-violence » ou de « lutte non-violente » tant notre actualité, mais aussi notre Histoire commune semblent dominées par la violence, la guerre, le terrorisme, les massacres, les génocides. Le mot de « non-violence » lui-même semble inaudible dans ce contexte où les médias nous donnent à voir chaque jour le spectacle de la violence et de la guerre. Le mot « non-violence » apparaît encore chez beaucoup comme la négation de la violence, ou tout simplement le simple refus de la violence, c’est à dire finalement le refus de l’action. Et nous savons que l’inaction, la passivité, la résignation ne sauraient être une ligne de conduite morale qui nous permette d’avoir une attitude responsable dans notre Histoire. Le concept de « lutte non-violente », aussi, peut poser question, car dans notre culture dominante, il n’y a de place, essentiellement, que pour la lutte violente, armée. Plus exactement, il nous est difficile de concevoir une lutte qui ne serait pas violente ou armée pour faire face aux injustices, aux oppressions, aux dictatures, aux agressions contre un peuple, un territoire. Dans notre culture, il est impensable que la non-violence, la lutte non-violente puisse jouer un rôle significatif, puisse avoir une prise sur les évènements, puisse être d’une quelconque efficacité. Nous avons intériorisé que seule la violence, la lutte armée, la guerre sont les seuls instruments nécessaires, légitimes pour combattre efficacement un agresseur, pour défendre les valeurs essentielles lorsque celles-ci sont menacées.

La culture de la violence

Que nous montrent nos livres d’histoire ? Qu’avons-nous appris ou plus exactement qu’avons-nous retenu de ce qui nous a été enseigné à l’école ? Nous avons appris que la violence est le moteur de l’histoire, qu’elle est le moteur des révolutions, qu’elle est le moteur du changement. Nos livres d’histoire honorent à longueur de pages les héros de la violence et de la guerre. Le héros, c’est forcément celui qui a eu le courage de se battre pour défendre la patrie, la justice, la liberté. Dans nos livres d’histoire, il y a très peu de héros de la non-violence, il y a peu de place pour des résistances, des combats que l’on pourrait qualifier de « non-violents ». L’histoire, la vraie, c’est celle qui fait une large place aux guerres, et à ceux qui se sont distingués pour leur engagement dans des résistances armées, dans des combats militaires pour la défense de la patrie.

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