La base sociale de l’opposition civile syrienne
SHROOMS Leila
Article mis en ligne le 3 avril 2016
dernière modification le 7 avril 2016

par ANV2
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Cet article a été traduit en français pour Avanti4.be par Sylvia Nerina.
Il est signé sur ce site par Leila Shrooms. On peut trouver la version anglais (présente ici ) sur ce blog signé Leila Al Shami. Peut être est ce la même personne sous un pseudo. Ce qui dans les conditions actuelles est fort compréhensible.

Ce qui a dominé le discours sur la Syrie, ce sont les discussions sur la militarisation, l’islamisation, le sectarisme et les préoccupations géopolitiques. En revanche, il y a eu relativement peu d’attention portée à la base sociale de l’opposition civile. A l’extérieur de la Syrie, l’ignorance des militants qui veulent manifester leur solidarité avec les révolutionnaires de la Syrie les amène à ne pas savoir par où commencer.

Cet article essaiera de présenter certaines des nombreuses initiatives de résistance civile qui se déroulent sur le terrain et de montrer les efforts déployés par les révolutionnaires pour l’auto-organisation. Il n’est en aucun cas exhaustif. Il se concentre sur les initiatives qui ne sont pas liées à un parti politique ou à des groupements religieux [1]. Il faut se rappeler que, avant mars 2011, la Syrie n’avait pas de société civile fonctionnelle puisque les droits de liberté d’expression, de réunion et d’association y étaient très limités, avec de graves conséquences pour ceux qui ne s’y conformaient pas [2].

Quelle est la base sociale de l’opposition civile ? Le noyau de celle-ci est la jeunesse - principalement les jeunes travailleurs et ceux issus des classes moyennes - au sein de laquelle les femmes et les divers groupes ethniques et religieux jouent un rôle actif. Beaucoup de ces militants restent en dehors des affiliations idéologiques et politiques traditionnelles mais sont motivés par des aspirations de liberté, de dignité, de justice sociale et pour les droits humains fondamentaux.

Les comités locaux et les conseils locaux

La principale forme d’organisation révolutionnaire en Syrie se situe au niveau local, à travers le travail des comités locaux et des conseils locaux. Ceux-ci ont été influencés par le travail de l’anarchiste syrien Omar Aziz. Il a défendu le fait qu’il était incompatible pour les révolutionnaires de participer à des manifestations pour ensuite retourner à leur vie au sein des structures hiérarchiques et autoritaires imposées par l’Etat. Aziz a estimé que l’activité révolutionnaire doit imprégner tous les aspects de la vie et a plaidé pour des changements radicaux dans les relations sociales et l’organisation. Il a appelé à l’organisation autonome et non-hiérarchique et à l’auto-gouvernance, fondée sur les principes de coopération, de solidarité et d’entraide. [3] Ensemble, avec des camarades, il fonde le premier comité local dans Barzeh, à Damas.

Au jour d’aujourd’hui, des centaines de comités et de coordinations locales ont été établis dans les quartiers et les villes du pays [4]. Dans les comités locaux, les militants révolutionnaires sont engagés dans de multiples tâches ; documenter et informer des violations de droits exercées par le régime (et aussi de plus en plus par les membres de l’opposition), organiser la protestation et la désobéissance civile (des actions de grèves, des mouvements pour refuser de payer les taxes) et collecter et faire parvenir l’aide et les colis humanitaires dans les zones bombardées et assiégées.

Ils agissent sur base d’une organisation horizontale, de groupes sans leaders, composés de personnes émergeant de tous les segments de la société. Tout en étant organisés au niveau local, ils ont construit des réseaux de solidarité et d’aide mutuelle dans tout le pays.

C’est au niveau des villes et des districts que les conseils locaux ont été établis. Il y en a 128 pour l’ensemble de la Syrie [5]. Souvent, ce sont des structures qui assurent l’administration civile de base dans des zones qui ont été libérées de l’Etat, mais aussi dans des zones qui sont encore sous le contrôle de l’Etat [6]. Ces conseils assurent les services de base qui sont coordonnés par les comités locaux, en collaboration avec les groupes de résistance armés. Ils appliquent principalement un modèle de démocratie représentative et organisent des élections locales libres qui ont eu lieu dans les zones où les comités ont été établis, ce qui n’a pas eu lieu en Syrie pendant les quatre décennies du régime de Baath.

Certains conseils réorganisent l’élection de représentants tous les trois mois et ne désignent pas de chef. Au fur et à mesure que la situation humanitaire s’est détériorée, ils ont pris un rôle de plus en plus vital mais doivent faire face à de nombreux défis. La raréfaction des ressources en a poussé certains à suspendre leurs travaux, comme cela s’est produit à Alep. Dans un appel pour le soutien aux conseils locaux, la militante des droits de l’homme, Razan Zaitouneh, disait : « Nous ne pouvons pas continuer à demander aux conseils locaux de jouer leur rôle sans leur fournir le soutien et sans mettre en œuvre une planification qui leur permette de continuer à fournir ne serait-ce que l’aide la plus simple pour permettre aux civils de survivre dans les zones en état de siège et soumises aux bombardements. Parmi les activités qu’ils assurent, il y a la fourniture d’eau potable, la collecte des ordures dans les zones résidentielles, et des projets de fournitures de nourriture à l’intérieur des zones qui, assiégées, sont exposées à la faim. » [7]

Elle met également en évidence le manque de ressources qui soumettent les conseils locaux à l’influence des groupes armés et insiste sur le fait qu’une aide est nécessaire pour qu’ils puissent « se permettre d’être indépendants des partis qui tentent d’armer la région et d’établir leur autorité sur le terrain au lieu de permettre (aux conseils) d’avoir autant de neutralité que possible et de prendre des décisions indépendantes. » [8]. Ce serait le cas entre autres pour les conseils locaux de Manbej et Alep dont le travail a été suspendu en signe de protestation contre les excès des militants djihadistes du groupe ISIS. Certains conseils locaux ont eu plus de succès et de possibilité de s’élargir que d’autres, qui ont été, eux, en proie à des luttes intestines ou se sont trouvés incapables de se débarrasser des structures bureaucratiques de l’ancien régime.

Alors que la principale base des activités s’organise au niveau local, il y a un certain nombre de groupes de coordination qui ont émergé pour coordonner une mise en réseau au niveau régional et national. Ceux-ci comprennent la Coordination des comités locaux (LCC), les Comités d’action nationale (CCN), la Fédération des comités de coordination de la révolution syrienne (FCC) et la Commission générale de la révolution syrienne (SRGC). Aucun de ces groupes ne représente l’ensemble des commissions et conseils locaux. Ceux-ci ont différentes structures organisationnelles et les niveaux d’engagement ou de non-engagement avec l’opposition politique formelle sont chaque fois différents.

Par exemple, la Coordination des comités locaux se compose de 14 comités locaux [9]. Il s’agit d’un réseau décentralisé de jeunes militants d’origines ethniques, sociales et religieuses différentes, qui se concentre sur l’organisation de campagnes de désobéissance civile et sur l’information des médias. Ils fournissent également de l’aide humanitaire, comme la distribution de colis alimentaires et de matériel médical de base, pour lequel ils comptent sur les dons individuels [10]. Cette coordination est opposée à la résistance armée locale et à l’intervention militaire internationale [11]. Bien que ne s’identifiant pas politiquement, c’est l’un des rares groupes locaux d’opposition qui participe à la Coalition nationale syrienne (opposition bourgeoise en exil).

La campagne la plus récente de la LCC fait suite à l’attaque chimique advenue à Ghouta en août 2013. Elle dénonçait l’utilisation d’armes chimiques et appelait les Nations Unies à mettre un processus d’enquête en route. On a vu des manifestations se passer toutes les semaines avec les militants qui portaient des pancartes avec ces messages sur eux [12]. En juillet 2013, ils ont mené une campagne appelant les gens à ne pas s’écarter des objectifs initiaux de la révolution et condamné les actions des seigneurs de guerre qui, selon eux, agissent uniquement à des fins personnelles et sont devenus aussi mauvais que le régime.

La Coalition des Jeunes de la Révolution Syrienne

La Coalition des Jeunes de la Révolution Syrienne, fondée le 1er mai 2012, se compose de jeunes gens qui se considèrent de gauche mais ne sont affiliés à aucun parti politique [13]. Selon l’un de ses militants, « la Révolution est très largement spontanée. Ce n’est pas la révolution de groupes politiques, ou d’une opposition traditionnelle ou de groupes idéologiques spécifiques… Nous continuons à œuvrer pour la révolution en participant aux manifestations et aux autres formes que prend la protestation. » [14]
Leurs activités sont centrées autant sur les objectifs de la révolution (le désir de liberté) que sur les objectifs sociaux et économiques (la justice sociale). Ils sont organisés dans l’ensemble du pays, mais sont principalement présents à Damas et Homs. Les femmes ont un rôle important dans les activités du groupe et dans la participation aux manifestations [15].

L’Union des Etudiants Libres de Syrie

Les étudiants ont joué un rôle clef dans le processus de la révolution ; ils ont organisé des manifestations sur les campus pour demander la chute du régime depuis les tout premiers jours du soulèvement. Les organisations politiques avaient été bannies des campus par le régime (à part celles favorables au parti Baath). Les étudiants qui ont pris part aux manifestations ont été persécutés par les forces de sécurité, avec la collaboration des autorités universitaires. Ils ont été nombreux à être arrêtés et détenus [16]. C’est pourquoi ils ont commencé à s’organiser en secret et ils ont crée l’Union des Etudiants Libres de Syrie (USSF) en septembre 2011 [17].

Les objectifs énoncés dans la déclaration de fondation de celle-ci sont : assurer une coordination entre les étudiants et dans les universités, organiser des manifestations pacifiques et des grèves, se coordonner avec les syndicats, les comités et les autres groupes révolutionnaires et œuvrer pour construire un état civil, démocratique et pluraliste, qui assure la liberté, l’égalité et la justice pour tous ses citoyens [18]. L’USSF a organisé de nombreuses manifestations sur les campus du pays, et en particulier à l’Université Alep. Ils transmettent de l’information et ont fondé leur propre journal « La voix de la liberté » [19].
Ils font des dossiers sur les violations des droits de l’homme exercés contre les étudiants et font campagne pour que les étudiants détenus soient relâchés. Ils participent à bien des campagnes nationales comme celle organisée en juin 2013 en solidarité avec les femmes prisonnières de la prison d’Adra qui font une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention [20]. Il y a aussi d’autres syndicats révolutionnaires comme le Syndicat des Professeurs Syriens, le Syndicat des Docteurs Syriens et le Syndicat des Artisans Syriens.

Le Mouvement des Jeunes Kurdes (TCK)

Les Kurdes de Syrie souffrent, sous le régime du Baath, depuis des décennies, de la négation de leurs droits politiques, économiques et sociaux, tout comme de leur droit à l’auto-détermination [21]. Le plus grand groupement kurde est le TCK (24). Il existe depuis 2005, à la suite du soulèvement des Kurdes qui avait eu lieu l’année précédente. Au cours de ce soulèvement, de nombreux Kurdes furent tués et quelque 2.000 personnes furent arrêtées par les forces de la sécurité de l’Etat. Le TCK revendique le respect des droits de l’homme pour les Kurdes et le respect de la justice. Ils demandent également une solution fédérale pour la population kurde de Syrie. Le TCK a joué un rôle actif dans les manifestations contre le régime dès les premiers jours du soulèvement. [22]

Ces dernières semaines, il a aussi organisé des manifestations contre le Parti d’Union Démocratique (PYD) qui a maintenant le contrôle de la zone kurde et contre sa politique autoritaire qui implique l’arrestation de jeunes militants kurdes [23]. Les militants de la jeunesse kurde participent aux activités des comités locaux et ont mis en place leurs propres comités dans les zones kurdes. Ils jouent aussi un rôle actif dans d’autres initiatives d’opposition de la base sociale. Au cours des récentes manifestations qui ont eu lieu à Alep, des centaines de Kurdes et d’Arabes ont participé à l’appel à l’unité et condamné les atrocités commises par les militants de groupes djihadistes contre la population kurde . [24]

Journaux, magazines et médias sociaux

Avant la révolution, les médias et le droit à l’information subissaient de sévères restrictions. Il n’existait que trois journaux, contrôlés par le gouvernement et l’utilisation d’internet était très restreinte et contrôlée. Ces paramètres ont amené le Comité pour la Protection des journalistes à désigner la Syrie comme le troisième pays au monde en termes de censure journalistique, avec un des taux d’arrestations de blogueurs les plus hauts [25].

Aujourd’hui, les médias indépendants sont en plein essor avec 59 journaux et magazines révolutionnaires [26]. Comme par exemple, « Oxygène », un magazine hebdomadaire créé par des jeunes de Zabadani , qui publie des articles sur le soulèvement syrien et la résistance pacifique et favorise « l’éthique révolutionnaire » puisque ce sont les membres qui décident collectivement du contenu [27]. Un autre magazine, « Raisins locaux », a été créé par des femmes à Darayau, près de Damas. Celui-ci cible ceux qui n’ont pas internet et est distribué dans la rue [28]. Un certain nombre de stations de radio ont également vu le jour comme Radio ANA et Radio Yabroud [29]. Le journalisme citoyen a prospéré, tout comme la photographie, avec Lens jeunesse, qui est un réseau collectif de photographies provenant de différentes villes afin de documenter la vie et de la guerre en Syrie [30].

Le projet Kayani est aussi un projet de média indépendant qui produit des courts-métrages documentaires sur le mouvement révolutionnaire de la Syrie avec des sous-titres en anglais [31]. Qamah (Blé) est un groupe de journalistes citoyens qui se concentrent plus sur le renforcement de la société civile syrienne que sur la révolution. Selon eux, « le changement provient de la société, et non du remplacement des autorités politiques et militaires par d’autres autorités politiques et militaires. Les révolutions doivent se terminer un jour, mais les sociétés doivent continuer à vivre. » Il réalise des vidéos d’animation et des programmes radio pour promouvoir la désobéissance civile, les stratégies de résistance non-violente et les droits civils. [32]

Pour une de leurs campagnes, ils ont peint les fontaines de Damas en rouge afin de symboliser les vies perdues pendant le soulèvement. Ils ont également mené des campagnes visant à promouvoir le respect de toutes les religions et à mettre un terme à l’incitation à la vengeance et aux discours de haine. Ils sont autofinancés et s’appuient sur le travail de bénévoles pour maintenir leur indépendance.

Autres groupes de résistance civile non-violente

Jours de Liberté : Un collectif existant depuis octobre 2011 qui rassemble un certain nombre de groupes non-violents, y compris des Comités de Coordinations Locaux, le Mouvement Syrien Non-Violent [33], Nabd et le Peuple Syrien Connait son Chemin [34] ; ce dernier vise à déloger les lois autoritaires et à établir à leur place un état civil grâce à la résistance non-violente. C’est la plus importante initiative de non-violence en Syrie [35].

Une de leurs plus importantes contributions au soulèvement syrien a été le Combat pour la Dignité qui a eu lieu du 14 au 30 décembre 2012. Celui-ci comportait plusieurs étapes, en ce compris : la fermeture des rues et la décision collective de ne pas aller travailler l’après-midi pendant trois jours ; pendant quatre jours, des grèves dans les magasins ; pendant trois jours, des grèves dans les universités ; pendant deux jours, la fermeture des routes entre les villes et les campagnes et du 30 décembre jusqu’à ce que leur revendication (la fin du régime) aboutisse des actions de désobéissance civile [36].

C’était la première grève générale depuis quatre décennies de régime Baath. Les syndicats ont jusqu’alors été dominés par le parti Baath et le climat de peur avait empêché l’organisation des travailleurs, mis à part quelques grèves localisées (très peu). La campagne Combat pour la Dignité a été annoncée sur les médias sociaux et par SMS. Elle a été un énorme succès en termes de participation. Selon la LCC, plus de 600 places ont été envahies par les grévistes, tandis que la grève a été suivie dans 10 gouvernorats [37]. Une grande partie de l’économie a été paralysée [38].

La réponse du régime a été brutale. Beaucoup d’arrestations et l’attaque des grévistes par les troupes gouvernementales, qui ont brûlé 178 magasins dans la ville de Deraa et une usine à Alep [39]. Les forces de sécurité ont endommagé les magasins qui ont participé à la grève [40]. Pendant les deux mois qui ont suivi, Assad a fait fermer 187 usines et mis à pied plus de 85.000 travailleurs (selon les chiffres officiels) pour tenter d’écraser le mouvement de protestation [41]. Il n’a cependant pas réussi à l’écraser et les Journées de la Liberté ont poursuivi l’œuvre commencée. La résistance continue avec, récemment, la publication d’informations sur la façon de surmonter la perte d’un être cher ou de rester en sécurité lors d’une frappe aérienne. Des assemblées sont établies pour planifier des initiatives communautaires, pour organiser des campagnes de nettoyage dans les zones détruites et pour protester contre les militants des groupes djihadistes et l’extrémisme religieux tout en soutenant les initiatives pour la coexistence [42].

NaBD est, quant à elle, une organisation établie pour lutter à la fois contre le régime et contre toutes les formes de discrimination, y compris celles exercées pour des motifs religieux, ethniques ou de genre. Ce groupe veut renforcer la diversité de la société syrienne et promouvoir la coexistence pacifique [43]. Crée en juin 2011, il est l’un des plus grands groupes civils en Syrie. NaBD organise des manifestations auxquelles participent des membres de toutes les sectes, en particulier dans les bastions laïcs et les communautés mixtes comme Homs, Yabroud , Salamiyeh et Zabadani. Le NaBD compte aussi des militants des groupes minoritaires comme les communautés alaouites et ismaéliennes qui organisent la contrebande de l’aide humanitaire et des fournitures dans les zones assiégées [44]. Le NaBD s’adresse aussi aux personnes qui sont pro-régime [45]. La preuve en est, l’organisation récente (23 août) d’une manifestation à Homs et Salamyah pour protester contre les attaques chimiques de Ghoutta [46].

Conclusion

La résistance civile vit dans la base sociale de la Syrie, malgré la militarisation accrue de ce qui est aujourd’hui non seulement une lutte révolutionnaire mais aussi un conflit brutal entre un nombre croissant d’acteurs. Cet article a présenté quelques-unes des nombreuses initiatives révolutionnaires qui sont actuellement en cours. La plupart de celles mentionnées ci-dessus ont une portée nationale, mais il y a aussi des centaines d’autres initiatives qui se déroulent au niveau local et qui sont organisées par les gens, à la fois pour poursuivre l’activité révolutionnaire et pour organiser leur vie dans les zones où l’Etat s’est effondré. Sans doute ces initiatives sont la chose la plus positive qui a émergé du Printemps arabe et elles ont apporté de l’espoir et de l’énergie à une génération qui est née et a grandi sous la répression.

Mais la résistance civile se trouve face à de nombreux défis. Elle se bat maintenant à de nombreux niveaux : contre un régime tyrannique, contre les groupes djihadistes militants et contre les divisions qui grandissent dans la société syrienne. A cause de la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire, de nombreuses initiatives civiles ont dû réduire leurs activités ou arrêter les activités révolutionnaires pour pouvoir fournir une assistance humanitaire. Certains ont dû mettre complètement fin à leur organisation. La plupart de ces initiatives n’ont pas de soutien et ne rencontrent pas de solidarité à l’extérieur de la Syrie, alors que cela serait nécessaire pour leur permettre de continuer. Ce manque de solidarité menace tout espoir pour un avenir meilleur que le présent.

Leila Shrooms

Notes :
[1] Bien que ce ne soit pas le sujet de cet article, il faut noter que des groupes politiques de la gauche révolutionnaire jouent un rôle important dans l’opposition civile et qu’ils sont largement absents des récits dominants. Voir par exemple le Courant de la Gauche Révolutionnaire en Syrie (trotskyste), qui a un excellent blog en anglais : « Syrian Freedom Forever », http://syriafreedomforever.wordpress.com/
[2] Pour une brève vue d’ensemble sur la situation des droits humains en Syrie en 2010, voir Human Rights Watch, « World Report : Syria » (2010) https://www.hrw.org/world-report-2010/syria & Amnesty International « Report on Syria » (2010) http://www.amnesty.org/en/region/syria/report-2010
[3] Pour en savoir plus sur les idées d’Omar Aziz, voir Leila Shrooms, « The life and work of anarchist Omar Aziz and his impact on self-organization in the Syrian Revolution » http://tahriricn.wordpress.com/2013/08/23/syria-the-life-and-work-of-anarchist-omar-aziz-and-his-impact-on-self-organization-in-the-syrian-revolution/ & Budour Hassan « Omar Aziz : Rest in Power », http://budourhassan.wordpress.com/2013/02/20/omar-aziz/
[4] Mouvement Syrien Non-Violent, « Non Violence Map in Syrian Uprising », http://www.alharak.org/nonviolence_map/ en/#Coordinations. Certains comités ont un caractère spécialisé, comme la Free Douma Women Coordination, la Souida Student’s Coordination et la Homs Doctors Coordination. Un petit nombre de comités rassemblent les populations réfugiées à l’extérieur du pays. Cette carte contient des liens vers les pages Internet ou pages Facebook des conseils locaux (essentiellement en arabe). On y retrouve une liste de 198 comités, mais plusieurs sources datant de 2012 signalent qu’ils sont autour de 400.
[5] Mouvement Syrien Non-Violent, « Non Violence Map in Syrian Uprising », http://www.alharak.org/nonviolence_map /en/#Local Councils.
[6] Pour plus d’informations, voir Ghayath Nasser, « Self-organization in the Syrian People’s Revolution », (juillet 2013) http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article3025
[7] Razan Zaitouneh, « Urgent Appeal to Support Eastern Ghouta », (13 septembre 2013) http://therepublicgs.net/2013/09/03/urgent-appeal-to-support-eastern-ghouta/
8 Ibid.
[8] Rozana Fm, « The Manbej Council suspends its work in response to excesses of ISIS in the city », (11 septembre 2013) http://www.rozana.fm/ar/node/1007 (en arabe)
[9] Le site de la Coordination des Comités Locaux : http://www.lccsyria.org/en/
[10] « LCC call for funding » http://www.soutenir-la-syrie.com/ASPS-english.html
[11] LCC, « Syrian Local Coordinating Committees on Taking Up Arms and Foreign Intervention », (août 2011) http://www.jadaliyya.com/pages/index/2539/syrian-local-coordinating-committees-on-taking-up-
[12] Syria Untold, « Signs from the Local Coordination Committees campaign », (août 2013) http://www.syriauntold.com/en/media/2013/09/08/5031
[13] La page Facebook de la Jeunesse Révolutionnaire Syrienne : https://www.facebook.com/damas.rev.youth (en arabe, mais contient de nombreuses photos de leurs protestations)
[14] Syria Untold, « Syrian youth believed in freedom, and took the world by force », (septembre 2013) http://syriauntold.com/en/story/2013/07/03/3887/
[15] Pour une série de vidéos de la Jeunesse Révolutionnaire Syrienne, voir : http://www.youtube.com/watch?v=8rzxOKimN4Y&list=UUuT-bL71qupKCg5z8FbAb5g et http://www.youtube.com/watch?v=zUG2rnLUz40&feature=youtu.be (toutes deux de Rukn Aldin, Damas)
[16] Syria Freedom Forever, « The student movement in Syria and its role in the revolution », (June 2012) http://syriafreedomforever.wordpress.com/2012/06/26/the-student-movement-in-syria-and-its-role-in-the-revolution/
[17] La page Facebook de l’Union des Etudiants Syriens Libres : https://www.facebook.com/theunionoffreestudentsinsyria?fref=ts (en arabe) https://www.facebook.com/Union.Of.Syrian.Free.Students?fref=ts (en anglais)
[18] Déclaration de fondation de l’Union des Etudiants Syriens Libres (29 septembre 2011) http://www.lccsyria.org/1958
[19] Site Internet de l’Union des Etudiants Syriens Libres : http://ar.ufss.info/ (en arabe)
[20] Voir la protestation de la section de Hama de l’Union des Etudiants Syriens Libres : http://www.youtube.com/watch?v=LsHHUBZlYK4&feature=youtu.be Pour plus d’informations sur la campagne, voir : « Campaign in Solidarity with the Female Prisoners in Adra », http://syriauntold.com/en/content/campaign-solidarity-female-prisoners-adra
[21] Pour plus d’informations, voir : Human Rights Watch, « Group Denial : Repression of Kurdish Political and Cultural Rights in Syria », (novembre 2009) http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/syria1109webwcover_0.pdf
[22] Déclaration du Mouvement de la Jeunesse Kurde (TCK) sur les derniers événements dans la ville d’Amouda, ainsi que des vidéos et des photos de protestations et de sit-ins (juin 2013) http://syriafreedomforever.wordpress.com/2013/06/23/statement-by-the-kurdish-youth-movement-tck-about-the-latest-events-in-the-city-of-amouda-and-videos-and-pictures-from-the-protests-and-sit-ins/
[23] La page Facebook du Mouvement de la Jeunesse Kurde (TCK) : https://www.facebook.com/youthkurd (en anglais)
[24] Pour plus d’information sur les protestations d’août 2013, voir : Syrian Freedom Forever, « Self Organization of the popular struggles in Syria against the regime and Islamist groups ? Yes, it exists ! » http://syriafreedomforever.wordpress.com/2013/09/08/self-organization-of-the-popular-struggles-in-syria-against-the-regime-and-islamist-groups-yes-it-exists/ . Voir également cette vidéo d’une protestation de janvier 2013 appelant à l’unité nationale avec des participants kurdes, arabes et chrétiensin which Kurds, https://www.youtube.com/watch?v=RaDFddXsJ3w&feature=player_embedded (sous-titres en anglais)
[25] Committee to Protect Journalists, « 10 most censored countries » (2012) http://cpj.org/reports/2012/05/10-most-censored-countries.php#3 & « 10 worst countries to be a blogger » (2009) http://cpj.org/reports/2009/04/10-worst-countries-to-be-a-blogger.php
[26] Syrian Non-Violence Movement, « Non Violence Map in Syrian Uprising », http://www.alharak.org/nonviolence_map/en/#Newspapers & Magazines. La carte contient des liens vers toutes les publications.
[27] Voir « Oxygen video » (avec sous-titres en anglais) https://www.youtube.com/watch?v=VP7fsiwOgSE
[28] Voir « Daraya’s local grapes video » (avec sous-titres en anglais) https://www.youtube.com/watch?v=f77XLWNzFMw
[29] Mouvement Syrien Non-Violent, « Non Violence Map in Syrian Uprising », http://www.alharak.org/nonviolence_map/en/#Radios La carte contient les liens de 20 radios
[30] Pour une liste de tous les collectifs de photographies, voir : https://www.facebook.com/lists/444809032274125 Pour plus d’informations voir aussi : C. Ella Wind, « The Lens of a Youth Photography Collective : Documenting Life and War in Syria », (18 March 2013) http://photography.jadaliyya.com/pages/index/10637/the-lens-of-a-youth-photography-collective_documen
[31] Voir le « Kayani Project website » ici : https://www.kayaniproject.org/ et la chaîne Youtube ici : https://www.youtube.com/user/kayaniwebtv?feature=watch
34 Syria Untold, « Qamh citizen media team », http://syriauntold.com/en/work-group/4509
[32] Voir les vidéos de Qamah ici : http://www.youtube.com/user/kamehsyria (en arabe)
[33] Page Facebook du Mouvement Non-Violent Syrien (en anglais) : https://www.facebook.com/SyrainNonviolence & https://www.facebook.com/al7rak.assilmi?fref=ts (en arabe) & website : http://www.alharak.org/ (en arabe)
[34] La page Facebook de « The Syrian People Know their Way » (en arabe) : https://www.facebook.com/Syrian.Intifada
[35] Voir la page Facebook « Freedom Days » (en arabe) : https://www.facebook.com/Freedom.Days.Syria
[36] Syria Untold « The Strike of Dignity » http://syriauntold.com/en/content/strike-dignity et la Coordination des Comités Locaux, « Dignity strike… We make our revolution by our own hands » http://www.lccsyria.org/3528
[37] Voir : Syrian Observatory for Human Rights, Report on Homs participation, https://www.facebook.com/syriaohr/posts/141519812623032
[38] Syria Freedom Forever, « Sectarianism and the Assad regime in Syria » (April 2013) https://syriafreedomforever.wordpress.com/2013/04/04/sectarianism-and-the-assad-regime-in-syria/
[39] Pour consulter un rapport sur la violence lors d’une journée de grève (le 11 décembre) de la Coordination des Comités Locaux et d’autres vidéos de la grève : http://www.lccsyria.org/3796 et Aljazeera, « Syrians hold strikes amid battles in the South », http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2011/12/201112119332270503.html
[40] See http://www.youtube.com/watch?v=6ABWc3_MEGM (Deraa)
[41] Syria Freedom Forever, « Sectarianism and the Assad regime in Syria » (april 2013) https://syriafreedomforever.wordpress.com/2013/04/04/sectarianism-and-the-assad-regime-in-syria/
[42] Voir la page Facebook « Freedom Days » : https://www.facebook.com/Freedom.Days.Syria (en arabe)
[43] La page Facebook de Nabd : https://www.facebook.com/nabd.shabab.syria (en arabe)
[44] Pour plus d’informations sur Nabd en anglais, voir Omar Hossino, « Syria’s secular revolution lives on », http://www.syrianassistance.com/6/post/2013/02/syriaa-secular-revolution-lives-on.html & ellsviolet « Syrian Activists Reach Across Sectarian Divide », (octobre 2012) http://ellsviolet.wordpress.com/2012/10/08/syrian-activists-reach-across-sectarian-divide/
[45] Ibid.
[46] Pour des photos, voir : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.710665708948713.1073741838.709386345743316&type=1





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